Zürich, son lac, ses collines

Mais quelle idée d’aller à Zürich, c’est ça que j’entends au fond de la salle? Et bien, c’est une très bonne idée! Premièrement parce que ça nous permet d’y revoir des amis, ce qui vaut toutes les raisons du monde de choisir une destination de voyage. Faute de préparation, on n’a pas réussi le tiercé. Mais si Alex manquait cette fois à l’appel, le brunch avec Embisa d’une part et le reste du temps avec Patricia et Pius ont amplement suffi à faire de ces presque 48h un week-end inoubliable.

Notre première idée de génie – oui, on assume – a été de réserver une chambre pour notre troupe au Meininger, ce qu’on voit sans doute à tort comme une auberge de jeunesse haut de gamme, ou un hôtel plein de gens cool (comme nous, en somme, ahem), en tout cas c’était pile ce qu’il nous fallait.

Une chambre à six, ça permet de caser tout le monde et de garder un joker dans l’éternel débat de qui prend quel lit.

Le trajet depuis le Gard ayant été plus long que prévu (nos trajets sont toujours plus long que prévu, on devrait d’ailleurs arrêter de prévoir), c’est avec délectation qu’on s’est laissés ravir par la soupe que nous a préparé Patricia. Depuis qu’elle nous a été servie dans leur autre résidence près du Walensee en 2018, elle est devenue mythique – et je n’exagère vraiment pas – auprès de nos enfants. Patricia avait donc la pression, et elle a géré ça comme une cheffe.

Une bonne soupe, une bonne nuit, on était fin prêts pour l’aventure du citytrip. Notre première approche de Zürich a été une petite marche dans le centre ville, en attendant que sonne l’heure du brunch. Les fortes pluies de la semaine ont laissé des traces, mais rien de catastrophique à première vue. On chipote un peu pour s’orienter mais rien de grave.

Ils n’ont pas l’air convaincus mais ils n’ont pas vraiment résisté non plus. Ici le jardin botanique avec les célèbres bambous suisses 😉
On lit le doute dans leurs yeux: « les parents ont encore fait fort pour l’itinéraire ». On ignore et on continue. En zigzag, ça va aussi.

Tout ça nous mène en tout cas pile à l’heure au brunch avec Embisa. Comme pétrifiés par nos déambulations matinales, les enfants se sont transformés en petits gingers modèles, ce qui a rendu le moment encore plus sublime. Du temps qui passe, des histoires qu’on ressasse, que ça fait du bien d’être là, ensemble, tout simplement.

Ensuite, quitte à avoir des enfants modèles, on a décidé de s’attaquer à un musée. Sur les conseils de nos deux autres guides locaux, le choix fût porté sur la Kunsthaus qui nous en a vraiment bouché un coin. Sur l’échelle applicable, on se situe quelque part à mi-chemin entre ignares éduqués et incultes curieux, mais on n’est pas faciles à satisfaire pour autant. Et il y a 5 paires d’yeux à prendre en compte, qui s’en sont finalement toutes données à coeur joie.

L’incontournable Alberto Giacometti. Parfait sujet pour aborder les techniques et les époques.
Edvard Munch pour remettre les stéréotypes de genre sur la table – et les dénoncer, combat de chaque instant mené en famille.
Portrait de famille spontané par l’artiste Pius Rütimann (qui nous lit, coucou Pius).

Et bien d’autres choses à voir encore. Un petit Picasso au passage pour moi, ça ne fait jamais de mal. Et c’est vraiment chouette de parler d’art avec les enfants. Le fait qu’après la première mi-temps il a fallu évacuer une partie des troupes vers la cafétaria n’est finalement qu’un témoin des émotions que tout cet art leur a procuré. Avec tout ça, en bons ignares, on n’a pas pu s’offrir le temps de voir l’expo Klimt qui attirait pourtant pas mal de monde. Dommage mais c’est ça aussi, les voyages en famille.

Comme on avait déjà eu le brunch et le musée, on a ensuite choisi l’activité enfant par excellence: un tour en bateau sur le lac. La bonne astuce: prendre le « bateau-bus » local et faire le tour de 90 minutes qui couvre la portion du lac jusqu’à Thalwil et retour. Même dans notre version ça s’appelle une croisière, ce qu’on trouve très chic.

Patricia a prétexté un mal de mer pour pouvoir joliment photographier notre bateau. J’appelle ça l’esprit du sacrifice, j’applaudis (et je compatis).

Pius a quant à lui pris des risques supplémentaires dans le registre « photo de famille ». On est à 90% ravis, Aart réclamant juste le photoshop de sa coupe de cheveux mais ce n’était pas compris dans le prix.

Comme on se marrait bien et que le gris des nuages donne un contraste nickel pour les photos, on s’est fait une petite photo inspiration « Daltons », à 5 ça fonctionne bien aussi.

Un petit reste de soupe, une cargaison de fromages et encore pas mal de papote et de rigolade plus tard, on s’est écroulés de fatigue en préparant nos gambettes à la promenade du lendemain.

Destination choisie pour notre dimanche zürichois: l’Üetliberg. 900m au dessus du niveau de la mer avec une vue plongeante sur la ville. Ma première idée serait de qualifier la grimpette de charmante, mais ce n’est pas tout à fait juste. Elle était aussi accueillante – merci la pleine de jeux et l’eau fraîche à mi-chemin de notre parcours (il y a plein de parcours, c’est clairement the place to be du promeneur local du dimanche), étonnante – d’un coup ça grimpait quand même un chouïa plus sec que prévu et finalement amusante – la bande était d’excellente composition et on a continué notre entraînement avec la GoPro dans l’espoir de devenir plus performants pour nos déambulations à Saint-Moritz cette semaine. Je précise que l’oeuvre d’art ci-dessous est réalisée par des enfants de moins de 10 ans. Ca se voit?

Il reste clairement des progrès techniques à faire. Disons qu’à ce stade, on se focalise sur le processus plus que sur le résultat (consultante, sors de ce corps!).
Le résultat le plus impressionnant, c’est cette partie de la délégation qui l’a obtenue. Comme tout point culminant qui se respecte, il est évidemment équipé d’un édifice à escaliers surplombant le vide – tant pis pour ceux qui ont le vertige (cette fois, j’ai fait équipe avec Patricia). Après, il m’a été soufflé dans l’oreillette que ça caillait là-haut. L’excès nuit en tout, moi je dis.

On a marché un bon 4 km pour monter depuis le parking jusqu’au sommet. La descente s’est faite en train parce qu’on avait quand même hâte de mettre les voiles direction Saint-Moritz. Il va sans dire que le train était à l’heure, propre et bondé. A ce niveau, ce n’est plus un stéréotype non?

Merci, les amis & see you soon!