« Plante ton bâton, maman »

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Se dire qu’il est grand temps d’initier ses enfants aux Bronzés font du ski, est-ce l’altitude qui me joue des tours? Ou simplement le fait qu’en vacances, on flotte dans le temps, hors du temps, et que c’est là l’espace pour que les rôles s’inversent. « Bien, maman, c’est déjà beaucoup mieux qu’hier, tu as bien planté ton bâton », me dit Loïc après qu’on se soit fait une petite piste à trois, lui, Arthur et moi pendant qu’Aart était en mission « traîner Noam de la garderie à la piste des minus ». Les tâches sont bien réparties pour ce transport de marchandise pénible. Par exemple, moi je le traîne le matin de l’hôtel à la garderie, ce qui vu son humeur avant 9h30 le matin n’est pas réellement un cadeau. Couplé à mon humeur à moi, ça donne un cortège attrayant, composé de soupirs et de désespoirs, rempli d’une haine profonde pour les bottes de ski et pour les pentes qui sont fatalement dans le mauvais sens quand on les franchit ski sur l’épaule, enfant à la traîne, 5 degrés de trop sous les 4 couches et le petit déj pas encore tout à fait tassé au fond de l’estomac.

Les joies des sports d’hiver, donc. Je n’en suis sans doute pas la meilleure ambassadrice, mais comme j’explore le thème des contradictions ces temps-ci, je ne pouvais pas mieux tomber. J’ai déjà mentionné que je hais les bottes de ski?

Ces petites vacances ont, de manière générale, assez bien commencé. Un trajet en deux étapes, des enfants constructifs et pleins de bons plans. Ainsi, dans le jeu « je pars en vacances et j’emmène avec moi », on a ainsi eu droit au transport d’un gros palmier et d’un « ugueux » (non défini, mais les règles du jeu n’obligent pas à définir). Et puis leur coup de maître, alors que je leur expliquais un truc sans doute pas vital mais un peu complexe, ils ont cru bon de se mettre à applaudir de concert… On était soufflés, mais on l’a été de moins en moins à mesure que les salves d’applaudissements se sont répétées à chacunes de nos interventions. Comme bouquet final avant l’ascension vers les Eucherts, on les a quand mêmes convaincus de battre leur record au « roi du silence », concept difficile à saisir pour Noam qui trouve que s’il a une bouche, c’est pour parler, pas pour se taire. Et toc. Applaudissements.

La première demi-journée de découverte de la station a surtout été meublée par une panne d’électricité, coinçant quelques braves dans les ascenseurs et quelques téméraires sur les télésièges. Les bonnes âmes qui ont ramené les skieurs suspendus à bon port à force d’huile de coude ont au passage endommagé le super « Eucherts Express », obligeant la station pour la principale partie du lundi à dispatcher le flot de motivés à la force d’un téléski (que je prèfère quand même encore appeler tire-fesses).

Dans mon calcul à moi, c’était tou bénéfice, puisque le tire-fesses est l’unique moyen de traction que j’envisage pour remonter une pente. C’est comme ça, j’ai besoin que mes pieds touchent le sol. Mais au moins, cette année, je skie, pour le plus grand bonheur de mes petits profs de ski préférés. Ils ne râlement même pas quand au bout d’une piste qu’ils descendent en 30″, ils passent 1 minute 20″ à m’attendre. J’en profite cette année, pour les suivantes, je n’aurai sans doute plus le bonheur d’avoir un public aussi patient et enthousiaste. Et quand on parle de ma phobie toute personnelle des télésièges, je leur précise aussi que je me sens trop vieille pour prendre des risques, je ne veux que des pistes que je maîtrise avec un semblant de style et de décontraction. « Mais, maman, tu n’es pas vieille, tu n’as que 41 ans », merci Loïc, comme ça toute la station est au courant (d’où le désavantage d’avoir le télésiège en panne et d’être agglutinés en troupeau au pied du tire-fesses).

Pour ce deuxième jour de ski, tous les paramètres étaient à nouveau à la normale, et j’ai pu avoir mon petit tire-fesses quasiment pour moi toute seule, pendant que les autres sportifs se faisaient transporter à 10m du sol, les pieds dans le vide, sur des sièges qui n’ont pas l’air confortables du tout et qui sont suspendus à une toute petite corde, dépendants de l’électricité pour arriver à bon port. Rira bien qui rira la dernière, tiens. (Ok, j’admets que mon opinion est largement minoritaire, mais j’ai décidé de m’entêter, au moins jusque jeudi, où je risque d’avoir un sursaut d’orgueil et un ras-le-bol de répondre à la question « raconte encore un peu pourquoi tu as peur, maman » me feront peut-être passé au stade suivant de mon développement personnel.)

Pour ce soir et demain, on attend un gros paquet de neige. Je ne sais pas trop comment ça va affecter mon envie de faire des montées-descentes avec les pieds qui crient « au secours » dans ces fichues bottes de malheur. Mais sans doute que comme pour tous les autres petits contre-coups très relatifs subis jusqu’à présent, le fait de lever la tête et de contempler le paysage me rappelera que le plaisir peut être partout, et que toute excuse pour être dans la nature doit être saisie. Parce que ça en jette quand même, ces montagnes. Et l’air frais n’est pas pour me déplaire non plus.

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