Kastoria, Vergina, Veria

Je n’en reviens qu’à moitié, parce que je sais qu’on est assez doués pour chercher pendant des heures et des heures jusqu’à ce qu’on trouve un circuit qui semble avoir du sens. Mais là c’est juste dingue: on va de merveille en merveille, et on est quasiment seuls au monde. Ou en tout cas seuls dans la version « personne ne vient d’un pays qu’on a déjà visité ».

En Macédoine, notre périple nous projeté au milieu des touristes locaux, pas nombreux du tout, et surtout juste gentiment abonnés à la plage. Aucune file pendant les visites, de la place dans les restos, pas de ventes de brols à touristes qui attirent les enfants. Evidemment, on a visité Skopje pendant LE week-end où la ville était déserte et on est arrivés à Ohrid à la fin du week-end le plus fréquenté de l’année. C’était un coup de bol, et c’est tant mieux.

Après notre franchissement de frontière vers la Grèce, on est tombé dans un pays plus vaste et un peu plus aride. Les paysages sont toujours à couper le souffle, avec des chaînes de montagnes culminant à un bon 2000 mètres et puis des plaines d’une étendue impressionnante. Et on a retrouvé le concept d’autoroute, assez peu présent dans la petite Macédoine du Nord. Ca gâche à peine le paysage et c’est quand même vachement plus pratique quand on a un peu de route à faire (on range les « ouh, ouh, ce ne sont pas de vrais roadtrippers » et on se rappelle que la marmaille ginger à 3, 5 et 7 ans – merci).

Notre premier stop grec était Kastoria, capitale de la fourure. Ne me demandez pas « fourure de quoi », j’ai volontairement ignoré la question par respect pour les pauvres petites bêtes qui en sont les victimes. Et il y avait d’autres points d’intérêt pour un joli samedi en famille: un lac pittoresque, un village qui invite à la promenade et une collection d’églises byzantines pour agrémenter la vadrouille. Ca grimpe et ça a bien motivé les garçons à s’entrâiner au sprint sur colline.

On a également visité l’aquarium, petite pause sympa et pas chère un jour de canicule. Et on n’a pas manqué la fierté locale: la Grotte du Dragon. Découverte fin des années soixante et ouverte au public il y a seulement dix ans (2009), elle offre un parcours sous-terrain d’un bon 300m, avec les stalactites et -mites de taille méga-giga à portée de main (pas touche!), 7 jolis lacs, une série de ponts et un éclairage bien pensé. Elle n’a jamais été habitée par des hommes (avec un climat pareil, pas besoin d’aller se coincer sous terre, forcément), mais bien par des ours. On a aussi bien fait rire le gars de l’entrée qui avait l’air de proposer des prospectus dans différentes langues, et donc Aart a tenté la question: « French? ». Sa tête valait de l’or « What? I have German! ». Cette attitude pas franchement francophile explique sans doute pourquoi on a croisé si peu d’amis gaulois, et que notre beau Guide Bleu ne mentionne même pas la grotte qui vaut pourtant le détour (même si on n’a pu photographier que l’entrée).

Avant d’aller réguler la température de nos corps rougis (mais toujours pas bronzés, ne rêvons pas) à la piscine de l’hôtel, on a encore fait un petit stop au Monastère de la Panaghia Mavriotissa, toujours impressionnant avec les icones. Ici également avec la trace des iconoclastes trouvant que Jésus et ses potes présenteraient quand même mieux avec le visage effacé version griffures sauvages.

Dimanche, on a commencé par mettre Vergina à l’honneur, après un trip express d’un petit 130 km à travers les pleines et montagnes précitées.

Vergina en quelques mots: des tombes hyper bien conservées de Philippe II de Macédoine, sa concubine et deux autres valeureux locaux. Le tout abrité par un impressionnant tumulus de 12m de haut et un bon 110m de diamètre, qui a été brillament transformé en musée (photographies interdites, ici aussi, logique). Les façades des tombes sont hyper bien conservées, avec la peinture d’origine datant du 4e siècle avant JC. Le contenu des tombes est exposé dans de jolies vitrines et force l’admiration: accessoires de combat, vases, ustensiles de cuisine, bijoux, le tout d’un raffinement étonnant et dans un état de conservation incroyable. On a failli cuire sur les 300m séparant le parking du musée, mais on le referait sans hésiter!

En route vers Veria ensuite (à 13 km de Vergina, ouf), notre stop pour les deux prochaines nuits. Veria, c’est LA grosse ville du périple (hors capitale déserte, précision pour ne vexer personne) et avant Thessalonique qu’on a déjà décidé de contourner pour cette fois. On y a déjà visité le musée Byzantin, qui a permis de poursuivre les explications et discussion au sujet de la géopolitique historique de l’Europe et l’histoire des religions.

Une fois installés dans notre jolie maisonnette, on a encore trouvé le courage de faire une promenade pour découvrir les jolies ruelles surplombant la rivière, le piétonnier local et la vue de dingue sur la plaine. Aucune protestation au moment de coucher les gingers cuits dans tous les sens du terme. Mais le plus beau compliment est sorti de leur bouche: on visite quoi demain?