D’Ohrid à Prespa

Pas de commentaire

La semaine passe à une vitesse folle et reste ponctuée de « oh », « ah » et « waw » combinés à des « c’est trop beau », « regarde là » ou encore « mais c’est dingue, cette vue ». Les visites sont à la hauteur de nos attentes mais surtout, le tempo nous donne vraiment l’impression de souffler: les distances sont courtes, les attractions multiples et les moments simples se présentent sans crier gare.

Une tradition un peu moins fun de ces mardi et mercredi fut le réveil à pile 7h20 du matin par la jeune bande aux mines réjouies. On va jouer au ping pong? On va nager? On va manger? La joie de vivre est présente, on retient ça derrière une paupière close et un léger soupir.

Mardi, on a fait la deuxième partie de notre visite de la vieille ville d’Ohrid (la première partie, c’est par ici). On a été récupérer Hristijan à la maison de ses parents et il nous a guidés vers un parking à mi-hauteur de la colline. Les zigzags serrés en camionnette, ça reste un challenge même si on gère de mieux en mieux.

Premier stop: l’Eglise de la Mère-De-Dieu-Perivleptos, très justement appelée chef d’oeuvre d’Ohrid. Les fresques ont été récemment rénovées et sont vraiment impressionnantes. La vue depuis la colline est évidemment à couper le souffle, et la galerie des icônes juste en face a permis à Aart de donner quelques cours d’histoire supplémentaires à Loïc pendant que Noam essayait de se déguiser en mère de dieu avec un foulard blanc.

On a poursuivi notre promenade sur les hauteurs par l’amphithéatre qui date de 2 siècles avant JC, un peu défiguré par un podium moderne pour les réjouissances estivales locales. Dernière pointe ensuite vers la forteresse de Samuel, une des images de carte postale par excellence. L’implantation donne une vue magnifique sur le lac, et un point de vue intéressant sur les constructions bétonnées un peu sauvages en contre-bas dans la plaine (ce qui vaut à la ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO d’être mise sous pression pour réguler tout ça).

Fierté de notre guide de voir que, sans se presser, on a bouclé le joli tour en un bon deux heures trente. Il était temps de redescendre vers le lac pour vérifier si son bleu était toujours aussi parfait. Pour un budget toujours plus que raisonnable, nous avons pu manger dans le majestueux hôtel Tino, servis cette fois par un homme presque souriant et à l’humour appréciable. Il nous a même offert le raki confectionné par les soins du patron, ça arrache un peu mais c’est pas mal du tout.

Petit détour par le bazar local pour fournir nos deux grands en lunettes de soleil avant d’aller nous écrouler sur la plage devant la Pizzeria Saraishte, souvenirs d’enfance de notre ami et nouveaux souvenirs pour nos poussins. Deuxième plage pour nous avec de l’ombre naturelle, on applaudit!

Sans crier gare, mercredi s’est pointé, toujours à 7h20. Ragaillardis par l’excellent petit déjeuner de la Villa Bisera (ils ont même de délicieuses gauffres!), on a pris la route du lac de Prespa. On a choisi la route « normale » plutôt que la traversée du parc national de Galitchitsa. L’avantage d’un pays d’environ 25.000 km2 avec seulement 2 millions d’habitants, c’est que la végétation reste dense et peu souillée par la présence humaine. On nous aurait donc dit qu’on était dans un parc national, qu’on l’aurait cru, tiens.

Evidemment, ça veut dire qu’on n’avance pas très vite, puisqu’on s’arrête même pour montrer la décharge d’immondices locale et qu’on prend plaisir à rouler à du 45 km/h derrière une vieille Yugo datant sans doute d’avant ma naissance.

Pour dévorer le lac de Prespa des yeux, on a choisi (sur recommandation) la « Connect Beach » de Slivnica. Et on a évidemment eu le souffle coupé. Le lac est plus étroit que celui d’Ohrid et sa couleur est plus dans les verts que dans les bleu. Il est plus chaud aussi, même s’il se trouve à 850m d’altitude (pour un bon 700 seulement à Ohrid). Lieu de villégiature populaire jusqu’au début des années 1990, le lac a ensuite été délaissé et s’offre donc dans un état très authentique. C’est d’ailleurs un compliment qu’on peut adresser à toute la région: la beauté est là, rien n’est vraiment fait en plus pour attirer (ou tromper) le touriste. What you see is what you get.

Après quelques heures de plage (à 3 eur les 2 transats et le parasol, avec deux cafés compris dans le prix), on a repris la route d’Ohrid, non sans faire un saut par Saint-Georges de Kurbinovo, gratifié de 4 étoiles dans le Petit Futé, et pour cause. On efface mentalement les échaffaudages, on se pose, on profite.