Vers et à Ohrid, en passant par Saint Noam

Dimanche matin. L’heure de quitter la capitale est venue, après avoir passé 30 minutes à expliquer le chemin à notre livreur de camionette et à se laisser extorquer 35 euro pour une taxe imaginaire dont une agence dont on taira le nom n’a pas fini d’entendre parler. Mais passons, car on n’en est toujours qu’à nos débuts de prise de conscience des versions de la sympthie locale (un peu plus de 36h plus tard, on a un autre stock d’exemples qui toutefois n’entament pas notre bonne humeur générale).

Il y a une route qui va plus ou moins en direct de Skopje à Ohrid. Ca mettrait environ 2h30 pour 170 km, ce qui ne serait pas drôle du tout. C’est pourquoi, sans hésiter, on a choisi les conseils de notre guide préféré: faire un détour par le Parc national de Mavrovo et aller luncher à Janche (qu’on prononce « Jantje », ce qui équivaut à Toto pour les amateurs de blagues hyper drôles dont les jeunes gingers sont évidemment friands et ne se sont aucunement privés. Thierry Copée, si tu nous lis, ils espèrent une dédicace du prochain album…).

Blague à part (ouarf, ouarf, Toto n’a rien à m’envier, finalement), cette route était juste époustouflante, même si je n’en ai aucune trace photographique. Aart avait été rangé au dernier rang des places assises pour surveiller la meute par derrière et la vitre obturée par une publicité pour le loueur ne permettait pas la prise de photos même si elle ne gâchait pas trop la vue. Et le pauvre Hristijan combattait tant bien que mal une migraine en me guidant vaillamment de tournant en tournant (pendant un bon 4h à 4h30 quand même, mais sans aucun regret). Je n’ai certes peur de rien, mais lui demander de fournir des illustrations pour le blog aurait quand même pu me coûter le vie donc j’ai fait un choix. Heureusement, j’ai pu me rattraper un peu pendant la pause du midi!

A Jantche, on a donc mangé comme des rois, et on a pris des forces pour la deuxième partie du trajet vers la belle Ohrid, qui n’a pas volé son surnom de cité des lumières.

Toujours avec une version bien locale de la sympathie, on a surtout droit à un hôtel à la vue époustoufflante sur le lac dont on ne risque pas de se lasser d’ici la fin de la semaine.

Lundi matin. Le plan du siècle: on fait juste un petit tour pour se trouver une petite plage en bord de lac, on jauge la température, on fait trempette et puis on avise pour le reste de la journée.

Erreur: le pays est vraiment minuscule et comme on cherchait LA plagette (celle avec le parking gratuit, la vue parfaite et la désertion totale), on a fini à deux doigts de passer la frontière albanaise (à 20 km de notre hôte). Heureusement, c’est-là que se trouve le magique Monastère de Saint-Naum, qui d’après nous ne peut être qu’une version adaptée du nom de notre seul et vrai Saint-Noam. Noam nous a demandé si ce Noam était petit, on a répondu qu’il était surtout vieux, et de saint le brave et son monastère s’en sont donc vus réduits à « la Maison du Vieux Noam ».

Le concept global fait très village gaulois, avec un all in sur la plagette (vraiment top par ailleurs), les extorqueurs de fonds sous prétexte de vente de souvenirs foireux (ils ne nous ont pas eus, à l’exception d’un seau de plage pour le Petit Noam), les restos qu’on a snobés sous prétexte de pique nique sympa à l’ombre d’un arbre généreux et enfin, le monastère du copain et quelques autres églises qu’on a dû ignorer faute d’adhésion des actionnaires.

L’avantage des distances réduites, c’est qu’on a ensuite encore pu filer sur Ohrid elle-même et partir une première fois à l’assaut de sa vieille ville pour aller découvrir la sublime Cathédrale de Sainte-Sophie et l’époustoufflante vue depuis Saint-Jean de Kaneo (je vous passe la prononciation du suffixe, mais on s’est fait reprendre sur la notre – sans avoir rien demandé – par un gamin de 11 ans à tout casser, dans un anglais impec, au moins il aura ça pour lui).

Pour notre Saint Ginger Minus, il y avait aussi et surtout une pleine de jeux aux couleurs éclatantes, ce qui est toujours ça de pris pour son quota de joie de vivre.

Et pour notre joie de vivre à nous, le coucher de soleil juste parfait. On en reprendra demain, et vous? (Le toit gondolé de l’immeuble au premier plan, c’est cadeau, on ne peut pas tout avoir.)