découverte de La Rosière

le trajet Lyon – La Rosière était semé d’embûches, mais c’est quand même encore en plein soleil que nous avons pu entamer l’ascension finale. L’émerveillement des enfants (et de leur papa) à la vue du manteau neigeux a permis de clore le périple sur une mélodie joyeuse. Ouf.

trajet

  • Lyon-Ouest – La Rosière (Montvalezan, juste après Bourg-Saint-Maurice): 11h – 16h avec une pause pour le lunch. Bien trop long, avec l’aide des gilets jaunes et de deux accidents, dont un grave.

je suis concentrée sur la route, un peu dans ma bulle, focalisée et fatiguée. D’un coup, je suis arrachée à mon orientation résultat par des cris de joie. C’est la voix d’Arthur, 5 ans, qui bondit de bonheur dès l’instant où les premiers pics enneigés apparaissent derrière les vitres embuées de la voiture. Ca y est, elle est là, la belle neige! Ses parents ne lui ont pas vendu du vent, quel soulagement. Toute l’attente est désormais oubliée, il exulte. Son visage rayonne, je vois son coeur battre dans ses yeux brun profond et sur ses joues un peu pâlottes. Il déborde de plaisir et il en profite à fond.

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le roi du monde

quelques secondes plus tard, Noam lui emboîte le pas en se mettant à lister tout ce qu’il va faire dans la neige. C’est mignon de le voir se projeter dans un truc dont il n’a aucun souvenir concret (lors de son dernier séjour dans les Vosges, il avait 8 mois), mais qu’il à l’air de maîtriser grâce à Pat Patrouille (ah mais ici y’a pas le monst-ye hein maman?) et Tchoupi (moi je va faire ye boyomme de neige, super grand).

enfoncé dans le siège, la tête posée sur le cuir, le regard perdu au loin, Loïc se connecte à sa façon à la joie qu’il anticipe. Il ne l’exprime pas, il l’imprime. Je vois que ça bouillonne à l’intérieur, que ça se bouscule entre toutes les envies et attentes qu’il a patiemment alignées dans son esprit au cours des dernières semaines. « J’aurai mes bâtons, hein!« . Pratico-pratique, mon fils. Les bâtons, qu’il a le droit de porter depuis qu’il a mérité sa première étoile, sont son obsession. Il y a accroché ses espoirs et sa volonté de se surpasser une nouvelle fois sur les pentes glissantes.

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à force de chanter « boule de neige et allez grand-mère »…

mon convoyeur est dans un état plus proche de celui d’Arthur, même s’il laisse à son fils cadet le privilège de parler pour deux. Il se reconnaît dans cet enfant que la vue du blanc rend fou de bonheur. Dans sa tête, il a encore exactement tout ce qu’Arthur partage aujourd’hui, mais il se retient un peu. Par la parole en tout cas, car le sourire qui traverse son visage de long en large vaut un roman à lui tout seul. En approchant de la neige, il se sent arriver au bercail, dans l’air pur et le froid, au coeur de son phénomène météorologique préféré. C’est inexplicable, inexpliqué, mais c’est bien là.

de mon côté, j’entame les lacets en vérifiant régulièrement que tous les passagers regardent la route. Je prend la mesure de tous les indices qui pourraient annoncer un vomissement, mais je ne tiens pas le coup longtemps, emportée moi aussi par la vague de bonheur qui m’entoure.

le temps a tout à coup pris une autre saveur, il n’est plus question d’heure mais d’instants. Oubliés les petits embarras de circulation, les déhanchements pour servir les demandes de la banquette arrière, les négociations sans fin avec le syndicat des moins de 7 ans.

une fois garés près de notre résidence mais en avance pour la réception des clés, on chausse tous nos bottes et bottines, on enfile bonnets, écharpes et gants et on part à la découverte de La Rosière. La supérette, la garderie, l’école de ski, le bas des pistes – check. Aart avait superbement repéré le truc, on va être vachement bien ici. Les skis sont réservés pour demain, les forfaits des 3 skieurs sont dans leurs poches, les premières boules de neige ont été formées.

au moment d’aller faire les courses, je dois juste intervenir pour demander à Arthur de ressortir la neige glacée qu’il porte en trophée. Il ne comprend pas le sens de ma demande, même si ça fond, il ne trouve pas ça grave. C’est quand même pesant, la logique des adultes. Pourquoi ne pourrait-on pas promener sa plaque de glace dans un supermarché, finalement?

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la fondue savoyarde me rend plus enthousiaste que la neige 🙂

pour se rafraîchir la mémoire

  • Noam, 2 ans, 6 mois et des poussières
  • Arthur, 5 ans, 3 mois et une rawette
  • Loïc, 6 ans et 11 mois
  • Aart, 33 ans sur sa carte d’identité, 5 ans dans sa tête à la vue de la neige
  • Charline, 27 ans (si, si!)