Mulhouse – chutes du Rhin – Unterterzen

nous avons passé une journée qui se résume comme une carte postale qui alignerait une dizaine de petites cases de taille égale et une un peu plus grande montrant une carte routière. Plein d’images du jour qui ont fait leur effet, plein de souvenirs de jours passés qui remontent: montagnes passant du gris abrupt au vert conifère, lacs bleu encre, fleuve bleu profond, chutes à l’écume plus blanche que blanche, trains de tous modèles et à toutes vitesses, villages endormis aux maisons décrépies, le tout sous un ciel à peine voilé qui souhaite sincèrement la bienvenue en Confédération Helvétique.

trajets et visites du jour:

  • Mulhouse – chutes du Rhin (Schaffhausen): 140 km en un peu moins de 2h
  • visite des chutes: de midi à 15h30
  • chutes du Rhin – Unterterzen am Walensee: 103 km en 1h30

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pour se remettre de la nuit en Première Classe, on a cherché refuge dans une boulangerie bien sous tous rapports du petit zoning voisin (on ne réinvente pas la France), question de prendre des forces pour passer la frontière. la bonne trouvaille, c’était la table « famille » dans une petite cabane incorporée dans la salle de dégustation, où on a pu s’isoler à l’abri des regards et en offrant une protection relative aux oreilles des autres clients.

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c’est la peau du ventre bien tendue qu’on a ensuite passé la frontière et décoré notre pare-brise de la vignette à 40 Francs Suisses, 36 euro selon le taux de change local. Ca donne tout de suite envie de faire des petits tours pour rire sur l’autoroute, question de rentabiliser l’affaire. Le trio de la banquette arrière était vraiment d’excellente humeur, et quelques reprises de « bière tutute » plus loin, l’idée nous est venue de pousser l’exploration autoroutière vers les chutes du Rhin, endroit que j’ai visité il y a une dizaine d’années et qui m’avait laissé une excellente impression.

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un petit deux heures après le démarrage et une incursion par l’Allemagne plus tard, nous pique niquions donc relax dans l’herbe face au deuxième plus long fleuve d’Europe. Un long moment de grâce: la température était idéale (21°), le ciel était suffisamment couvert pour faire l’impasse sur la crème solaire (ça redonne tout de suite meilleur goût à la baguette quand elle ne sent pas la La Roche Posay 50, on est d’accord), le bourdonnement bien présent de la cascade étouffait les autres bruits et permettait sans gène d’ignorer les cris des jeunes gingers qui entre deux bouchées, ont insécurisé l’étendue d’herbe en jouant une partie de « foutenvoetbal » (du foot sans ballon mais avec plein de fautes « pour rire » – je pense qu’on peut considérer ça comme un stage de neymarisation, non?).  J’ai même tenté la micro sieste en m’allongeant brièvement sur l’herbe, vision qui a dû faire craindre le pire à Noam qui est illico venu se jeter dans mes bras, m’étaler un reste de sandwich dans les cheveux et me tartiner un fond de bave au miel dans le cou.

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on a fini par se décider à commencer l’escalade vers le haut des chutes, par un escalier juste assez raide pour me rappeler qu’il faut vraiment que je me remette à faire du sport un peu sérieusement. A ma décharge, j’avais Noam dans le dos qui réclamait bien haut « mais y’est y’où mon pet-teuh » (ce qui veut dire qu’il cherchait sa casquette, « pet » en néerlandais pour ceux qui ne le savent pas encore mais ne l’oublieront plus jamais – il y a quelques ratés dans le démarrage du bilinguisme mais on a bon espoir que ça s’équilibre assez vite).

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le spectacle en valait vraiment le détour: ça vrombit, ça dévale, ça éclabousse, ça épate. Et encore, il n’y avait pas beaucoup d’eau par rapport à d’autres périodes de l’année. On a pu faire la plus grosse partie de la descente dans un ascenseur aux parois de verre – un grand bravo d’ailleurs pour l’accessibilité générale du site, ces Suisses sont vraiment des modèles! Et on est repartis vers le point de départ en faisant une micro-traversée en micro-bateau, modèle silencieux, démarrage relax, tout le monde avait bien le temps de s’installer et pourtant l’horaire était respecté. Ca nous a changé des khlongs de Bangkok, c’est sûr.

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bonne humeur générale non reflétée dans la photo (si je fais un nouvel article sur les photos ratées, considérez celle-ci comme donnant un avant goût …). Quoiqu’il en soit, Aart, Loïc et Noam ont également fait le tour du site en bateau, mais l’embarcation s’approchait trop du bas des chutes pour qu’Arthur ait confiance (et comme d’hab’ dans ce genre de cas, on essaye de tâter le niveau de la peur et on n’insiste pas si ça ne bloque personne). Petit gloups lors du paiement du ticket du parking (prix passé sous silence pour ne pas vous effrayer, ça vaut malgré tout encore la peine de faire la visite parce qu’on en prend quand même plein les yeux).

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il était en tout cas grand temps de filer vers l’objectif du jour: notre (morceau de) chalet au bord du Walensee (que nous appelons Lac des Wallons, faute de traduction locale portée à notre connaissance). Et c’est là qu’on n’a pas regretté notre choix, parce que le chemin en valait la peine. On est rentrés dans le paysage avec beaucoup de douceur, la plaine se laissant petit à petit encercler par des montagnes de plus en plus hautes. Arthur ne veut d’ailleurs plus voyager qu’en voiture, il trouve ça beaucoup plus beau qu’en avion.

2017_0111_05113300après avoir pris un repas dans le loft de nos amis Suisses habitant le village voisin, après une petite balade pour découvrir la plage de galets à 100m de ce qui sera notre résidence pour trois nuits, après avoir lavé les garçons imprégnés de poussière suisse sur sueur belge, il ne nous reste plus qu’à poursuivre nos recherches pour définir ce qui nous occupera en ce début de semaine. Quel bonheur.


chiffres pertinents mais approximatifs:

  • Noam, 25 mois
  • Arthur, 4,8 ans 
  • Loïc, 6,4 ans (6,5 dans 8 jours, décomptons ensemble, le nombre est raisonnable)
  • Aart, 32,7 ans
  • Charline, 39,4 ans