s’occuper des éléphants

que retenir aujourd’hui? Que tout citadins que nous sommes, ça fait du bien de passer une journée en plein air, à faire des choses simples et extraordinaires à la fois. Encore une fois, les enfants trouvent que c’était la plus chouette journée de tout le voyage!

lieu visité: Elephant Nature Park (de 8h15 à 15h45)

c’est la seule excursion que j’avais bookée avant le départ, à un moment où j’ai été frappée d’une illumination: « mince, si on va en Thaïlande, il f a u t qu’on voie des éléphants » (original, n’est-ce pas?). En me renseignant, j’ai vite vu que les options qui nous conviendraient étaient plutôt limitées, et finalement, il n’y avait qu’un endroit qui me donnait les garanties de respect des animaux et du touriste.

la propriétaire du Elephant Nature Park rachète des éléphants maltraités et leur offre une nouvelle chance. Pour d’autres, elle s’en occupe en échange de la possibilité d’utiliser les terres de leurs propriétaires. Personne ne monte à dos d’éléphant et, même s’ils sont soumis tous les jours au nourrissage par ahuris en short, à la promenade dans la rivière, au bain de boue et au bain d’eau, on va dire que ce rituel ressemble juste à un travail et pas à une pénitence. Ca c’est en tout cas ce qu’on fait quand on choisi le « Elephant Trail« , le mot « trail » indiquant surtout qu’on ne visite pas le parc mais qu’on fait une activité plus « proche » des animaux avec un groupe de taille réduite.

on était 13, cueillis en minibus au pied de nos hôtels respectifs et comptés et recomptés par notre accompagnateur Bancha qui avait quand même un peu peur d’oublier quelqu’un (ou alors c’est le chiffre 13 qui l’a stressé, c’est une vraie malédiction ici, au point qu’aucune volée d’escaliers n’a 13 marches, ce qui donne parfois des surprises et des tibias rapés, demandez à Loïc). Une heure de route sans lacets, et nous voilà dans la nature, une vraie maison thaïe au bord d’une route secondaire et avec en contrebas, la « ferme » avec vraiment beaucoup d’espace pour les éléphants.

ce qui frappe sur place? Le calme et la sérénité (et cette fois sans enlever ses chaussures, « parti Bouddha », pour citer Noam). Première activité: se changer pour ceux qui le veulent. Avec mon naturel méfiant, je me suis dit que s’ils nous le proposaient, ça avait sans doute du sens, et j’ai bien fait, vous verrez. De là, on est descendus diviser des régimes de bananes dans des paniers, hop à la flotte pour les rincer et puis, une à une, prudemment, on a pu poser les bananes au bout de la trompe des 4 éléphants (2 petits, 2 grands) qui bossaient pour nous aujourd’hui. C’est con mais c’est fun, ça a permis à tout le monde de se mettre à l’aise et de s’habituer aux peaux rugueuses et aux museaux humides.

après les bananes, les pachydermes ont eu droit à la canne à sucre, et nous aussi: c’est vachement bon, à condition de cracher le résidu en fin de machouillage. La version épluchée était pour nous, la version complète, feuilles comprises, pour eux. Tout le monde était en forme pour démarrer une mini-promenade vers le haut de la colline, redonner à manger, redescendre par la rivière et puis aller manger nous-mêmes. C’était vraiment sympa, même si j’hésite sur le temps passé pour les « family pictures ». Cela dit, on n’en a pas fait une maladie et on a pris notre temps pour approcher et inspecter nos 4 potes du jour. La promenade dans la rivière a évidemment ravi les enfants, surtout au moment de jeter de l’eau sur les éléphants avec un seau. Et ce qui a ravi tout le groupe c’est quand je me suis faite asperger d’un coup de trompe alors que je venais de tourner le dos au petit malin de la bande. J’en ai encore un frisson mais finalement, ça m’a tenu lieu d’air conditionné quand ça a commencé à chauffer.

il était l’heure de manger chaud (c’est une blague d’ici, où il est toujours l’heure de manger chaud), et on a eu droit à un splendide buffet, ce qui confirme bien qu’on n’était pas dans un attrape-touriste de masse, mais dans un donnant-donnant pour que tout le monde y trouve son compte.

l’après-midi a été consacrée à la toilette des animaux: les enduire de boue d’abord, splash, splash, splash, gratte, gratte, gratte, ils adorent et on s’est bien marrés aussi. Je n’ai jamais eu un teint si bronzé, et les boys n’ont jamais été à la fois aussi sales et aussi heureux en même temps. Ce qui est incroyable, c’est la façon dont on oublie la peur (même si on garde bien en tête les règles de base, qui ne sont pas différentes que pour approcher des chevaux, par exemple) et surtout, cette vraie envie d’aller toucher les éléphants qui n’ont vraiment pas l’air de pouvoir faire du mal à une mouche. Le bout de la trompe, c’est frais, le haut, c’est chaud. Ils réagissent quand on les touche et on les voit presque sourire quand ils peuvent utiliser la boue pour se gratouiller partout. Le plus vieux de la bande avait une technique impressionnante, on voit qu’il lui reste du temps libre après le boulot pour s’entraîner.

pour finir, on les a conduits au bain, dans une partie un peu plus profonde de la rivière d’où ils sont ressortis tout propres et nous toujours bien sales. On a ri, on a été mouillés, on a glissé, on a jeté de l’eau, on a gratté et reluqué nos copains. Tout ça, ça donne 13 touristes ravis qui, après un dernier nourrissage (qu’est-ce que ça bouffe, ces bêtes) et un micro-rinçage à la douchette se ruent sur les quelques fruits offerts avant d’aller faire la sieste dans le minibus pour le retour vers Chiang Mai.

voilà, voilà, on n’est finalement que des touristes comme les autres, et on se rassure comme on peut en se disant qu’on a sans doute contribué à un projet qui en vaut la peine. Le staff qu’on a rencontré semblait vraiment sincère, l’histoire du lieu et de sa propriétaire est convaincante. Quand on reviendra, on testera un autre de leurs programmes, c’est sûr et en plus, on l’a promis à nos petits Mowgli!

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donner à manger
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« family picture » en haut de la colline
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promenade dans la rivière
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bain de boue
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bain d’eau
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évaluation de la journée

prénoms et âge des voyageurs : Noam, 21 mois – Arthur, 4,5 ans – Loïc, 6 ans – Aart, 32 ans – Charline, 39 ans