explorer, créer, s’incliner

Pas de commentaire

qu’est-ce qu’on retient aujourd’hui?

  1. que c’est trop chouette de terminer la journée au son du fou rire des deux petits garçons les plus heureux du monde, même si ça a rendu fou leur petit frère qui a continué le spectacle bien après que le public ait quitté les lieux,
  2. que Loïc et Arthur sont super doués pour inventer des jeux: je vous dirai tout sur « bolletje, bolletje, kruis » et « bolletje, bolletje, koersauto ».

trajet du jour (de 9h30 à 20h15)

  • Chatuchak park
  • Children’s Discovery Museum
  • China Town
  • Le quartier indien
  • Gurdwara Si Guru Singh Saba (lieu de culte Sikh)
  • Chao Praya forever

(quelques photos en fin d’histoire)

c’est sûr, je tiens mon premier article dans la future édition du Routard « Bangkok avec les enfants », voici quelques idées plic ploc en avant-première.

dans les infos pratiques, j’expliquerai en détail où positionner les enfants, selon leur âge, leurs poids, leur taille et la couleur de leurs cheveux pour monter dans le Chao Praya Express sans finir en nourriture pour poissons (ça doit aller vite et on a amélioré notre temps à chaque passage, ouf).

dans la rubrique « habitudes locales », je confirmerai que les enfants « blancs » sont une attraction et qu’à 1 baht la tentative de leur toucher la main, on pourrait s’offrir pas mal de paquets de mangue coupée en délicieux morceaux.

pour les moyens de transport, je trouverai un parcours de tuk tuk où ils ne doivent couper la route à personne et où les démarages permettent quand même de faire voler les cheveux au vent.

en parlant des sorties au vert dans la ville, je décrirai avec minutie la différence entre le parc Lumpini et le parc de Chatuchak (ce dernier est plus proche du métro/métro aérien, bien plus propre et plus fignolé mais moins « international » dans la fréquentation et la nourriture autour et il y a plein d’écureuils, c’est trop mignon).

et parce que c’est vraiment top. j’enverrai tout le monde faire un tour au Children’s Discovery Museum. C’est plein de « vrais gens de Thaïlande » (je cite), c’est gratuit, c’est juste assez désuet et avec assez de trucs un peu cassés pour que les raleurs puissent râler (vous connaissez le profil du Français qui s’offusque qu’on ne parle pas French partout? C’est lui que je vise). La vraie trouvaille, c’est que c’est une façon de rassembler dix musées en un puisque pour chaque « attraction », ils captent l’attention que l’enfant est capable de consacrer par sujet et donc on ne râle pas parce que « m’enfin, t’en as eu marre après dix minutes », on passe juste à la partie suivante. Dans le désordre: dinosaures, legos géants, jeux d’eau, livres, peinture, tests avec l’électricité, la gravité, le son, jeux avec les drapeaux du monde et la façon de saluer dans 40 langues, et j’en oublie. Bonus pour les fans de l’ambiance Goodbye Lenin, ça leur donnera des idées de scénario pour raconter l’histoire du Ministère du Bonheur des Enfants (on a tous les éléments: passeport à présenter pour rentrer, heures de jeu fixes à la demi minute près, deux gardien-ne-s au moins par attraction, des militaires assoupis faisant mine de veiller au grain).

on est ensuite passés du ludique au spirituel, avec un détour assez photogénique par China Town. Avant d’oser aller explorer le quartier indien, on a dû prendre au moins une heure de pause pour se remettre de cette incursion dans un territoire rempli de bouffe, de brols et de bouffe et de brols. Et de brols et de bouffe, il y en avait partout, entassés, écrabouillés, empaquetés, acheminés en camionnette là où il y a à peine de la place pour un bakfiets, et ça continuait donc à arriver de tous le côtés, en charrette à bras, à dos de vieux Chinois, traîné, poussé, projeté, mes aïeux, quel bazar, les soukhs que j’ai visité en Syrie en 2009 sont des Delhaize comparé à ceci. C’était donc super chouette, et on n’a même pas perdu ni échangé un enfant pendant cette partie du périple.

pendant la pause, Loïc a perfectionné les règles du jeu « bolletje, bolletje, kruis« : l’objectif est d’aligner, en diagonale uniquement, soit trois ronds pour le premier joueur (les bolletjes), soit trois croix pour le second (les kruisjes). En quelques tours de jeu, c’est devenu une version papier du puissance quatre, et comme d’hab, on s’est faits massacrer par le jeune prodige, et en plus, on doit faire semblant de bien le prendre pour lui apprendre que c’est pas grave de perdre. Arthur a observé ça du coin de l’oeil pendant qu’il dessinait un monstre, et pendant notre repas du soir, il a défié son père qui dessine aussi bien que je ne chante de jouer à « bolletje, bolletje, koersauto », sachant qu’Arthur pouvait se contenter de dessiner des ronds et qu’Aart devait créer le prochain prototype de F1 (plusieurs modèles ont été recalés, je vous mets le modèle approuvé en photo dans le diaporama). On a beaucoup perdu, mais on a au moins autant ri, ce qui prouve que c’est vrai: c’est même pas grave de perdre!

on était donc fin prêts pour le temple du jour, et on visait l’Inde cette fois, à la découverte des Sikhs. Le Gurdwara Sri Guru Singh Sabha était notre première expérience du genre. Le hasard nous a mis sur la route d’un Sikh motivé et convaincu, qui nous a fait la version courte du Sikhisme pour les nuls, avec la visite des 3 étages importants de ce lieu de culte:

  • le deuxième étage où ils servent une centaine de repas gratuits par jour (on n’apprend bien que si on a le ventre rempli, nous a-t-il dit),
  • le quatrième étage avec la salle de culte commune où un petit orchestre de trois Sikhs encadrait la lecture d’un grand Sikh assis en train de lire des extraits de leur livre Saint,
  • et le sixième étage, consacré à la méditation dans de petites salles construites à chaque fois autour d’un petit autel abritant le livre saint et la caisse pour les offrandes.

il nous a même montré comment il s’incline devant le livre saint (« la seule chance pour que le savoir vienne à soi, c’est de s’incliner devant le livre qui le contient ») et comment, d’un geste rituel, on passe un espèce de balai à poussières au dessus des livres au repos sous une couverture fleurie. Trois minutes de plus et on était convertis, surtout que je me trouvais très Princesse d’Orient avec mon grand Tetra blanc en guise de couvre-chef.

avec tout ça, on s’incline devant le fait que c’était déjà le dernier jour de notre premier séjour à Bangkok. Demain, on file sur Chiang Mai, à la découverte du Nord! Et on a beaucoup de bolletje, bolletje, kruis/koersauto qui nous attendent dans l’avion.

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dans le diaporama:

  1. tomber nez à nez avec un canard laqué
  2. un peu de scorpion grillé?
  3. se faufiler partout, vive la poussette Yoyo super étroite
  4. bolletje, bolletje, koersauto
  5. ginger family goes Sikh!

prénoms et âge des voyageurs : Noam, 21 mois – Arthur, 4,5 ans – Loïc, 6 ans – Aart, 32 ans – Charline, 39 ans