se laisser guider

Pas de commentaire

ce qu’on retient aujourd’hui?

  1. que quand on est à l’aise dans une ville, on finit toujours par trouver son chemin. Bangkok ne fait pas exception à notre mantra de citadins affirmés. On a fait confiance au hasard, aux transports en commun et à notre sens de l’orientation (malgré une légère confusion Nord-Sud pour commencer, ça arrive aux meilleurs) et on n’a pas été déçus.
  2. que les enfants grincheux finissent toujours par se transformer dès qu’on a trouvé, souvent sans le savoir, une source de motivation qui a du sens dans leur imaginaire.

trajet du jour (de 9h30 à 17h30):

  • Khlong Saen Saep 
  • quartier du Grand Palais
  • Wat Arun
  • Siam Square 

(et j’ai mis quelques photos d’ambiance en bas de l’article)

grâce à la nuit pourrie dans l’avion, tout le monde s’est endormi vachement tôt hier soir, sans besoin de négocier (je me suis juste fait éjecter de n o t r e lit par Noam sous prétexte qu’à ma place, c’était s o n lit, mais passons, puisque j’ai très bien dormi avec Loïc jusqu’à ce qu’Arthur ne vienne nous rejoindre en biais et que j’ai donc fui vers son lit avant qu’il n’y revienne de travers, retour chez Loïc donc puisque Noam veillait toujours au grain à côté de son papa).

tous debout à 7h du matin, mo-ti-vés, aucune trace de décollage horaire, incroyable! Départ vers 9h, mo-ti-vés. On a trouvé l’embarcadère du Khlong Saen Saep qu’on avait repéré hier en visitant la maison de Jim Thompson (tout ça à deux pas de notre Mellow Fellow Hostel, ça aide à garder les troupes motivées). A l’affût des arnaques, on a bien évité le voyage semi-organisé à tarif tout à fait extorqué, et on est sagement montés dans le bateau des gens normaux, convaincus de foncer tout droit vers le centre ville. Au premier arrêt, on a été priés de descendre pour cause de terminus, ce n’était donc pas celui-là qu’il fallait prendre, c’était celui dans l’autre sens. Bon, comme ça, c’est fait, la gaffe rituelle a eu lieu, et ce n’était pas grave du tout.

au « terminal » de Phanfa Pier (on n’a pas réussi à le faire avec l’accent local, mais on n’a pas insisté non plus), un loueur de tuk tuk – et sans doute d’autres services indispensables – n’a pas aimé qu’on se refuse à lui et nous a donc priés d’aller éplucher notre plan un peu plus loin. Aart a fait mine de s’énerver, non mais, le trottoir est à tout le monde, mais à nouveau, on n’a pas insisté. Les enfants eux, par contre, ont insisté pour qu’on prenne un tuk tuk à un monsieur gentil (à 5 avec une poussette, vous voyez le topo?) mais on a résisté, humer l’air de la ville, ça se fait à pied.

rien que pour le nom, on a remonté l’avenue Ratchadamnoen Klang plus ou moins à l’ombre, bousculés par les marchands de fruits pressés de pousser leurs charrettes vers des lieux plus touristiques (« Maman, pourquoi le Monsieur a dit ‘hu hu hu’? d’un air fâché? » « Pour que tu bouges, il préfère pousser tout droit »). En approchant du Musée National et du Grand Palais, on a commencé à se sentir près du Louvre, entourés de cars déversant des centaines de Chinois cachés sous des ombrelles. Mais on a surtout découvert les « fameux » vendeurs de billets de loterie, alignés sagement derrière leurs petites tables, devant des petits tas de billets remplis de signes incompréhensibles.

on a failli perdre au moins une oreille dans la bagarre parce que « j’ai chaud », « c’est loin », « j’aime pas marcher » et quelques variations sur les mêmes thèmes, mais on est arrivés entiers au Chang Pier, après 2,4 km de marche (oui, bon, ce n’était pas prévu, on n’avait aucune idée de ce qu’on allait faire et on s’est dégonflés devant le monde au Grand Palais, outre le fait que le bermuda d’Aart n’était pas assez long en dessous du genou et qu’il n’avait pas envie de passer un sarong à fleurs pour aller charmer Bouddha, on repassera donc).

c’est sans doute la partie de la journée dont on est les plus fiers: avoir traversé la gare de ferry sans acheter une seule croisière organisée d’une ou plusieurs heures sur le Chao Praya. On avait vu, en pointillé sur la carte du Routard, qu’il y avait un arrêt de ferry à côté du Wat Pho un peu plus bas (on peut y admirer un splendide Bouddha couché) et on ne s’arrêterait pas avant d’être sur cette route-là, sans suppléments ni autres entourloupes. Vraiment, ça n’a pas été simple, on a dû demander dix fois au moins et s’entendre dire « no stop there, buy a cruise here », jusqu’à ce qu’un homme en uniforme nous repêche et nous donne accès à une file d’attente tout près de l’eau. Haha, on les avait bien eus!

ou pas. On est partis dans la bonne direction, mais au lieu de faire un stop juste un peu plus loin, le « bateau » (je ne donne pas trop de détails, au cas où des âmes sensibles liraient ceci), a traversé le fleuve sans demander son reste. Comme on est têtus et qu’on avait décidé qu’on descendrait au premier arrêt, on l’a fait. Et on a bien fait: nous étions d’un coup au splendide Wat Arun. Une belle visite, un chouette arrêt, on a traîné et bricolé un repas, bu des litres d’eau, rigolé et cédé à la demande insistante de Loïc de lui acheter un petit Bouddha en or pour tenir en main quand il fera du yoga avec sa grand-mère paternelle (et pour montrer à sa classe). Loïc et Arthur ont fini aussi par ramasser chacun deux ou trois cailloux, qui ont vécu de fabuleuses aventures pendant tout le reste de la journée (et qui trônent maintenant à côté de Bouddha, l’un des cailloux est même devenu Jésus…) et épargné nos oreilles certes bienveillantes mais limitées encore dans la pratique de l’art du zen.

on a mieux géré aussi la négociation du bateau pour repartir, puisqu’il nous a mené en quelques stops (c’était la version bon marché « hop on, hop off » avec un commentaire incompréhensible, même en anglais) à notre destination: la gare du métro aérien Saphan Taksin. On a trouvé aussi qu’il y avait un bac entre le Wat Arun et le Wat Pho, on ne désespère donc pas de trouver un jour la liaison qu’on cherchait au départ (on est têtus et on assume). 

à Taksin, on a enchaîné comme de vrais locaux vers Siam Square, paradis du shopping à l’occidentale, pour s’offrir un peu de fraîcheur et rassurer nos pupilles dépaysées. C’était l’occasion aussi d’acheter des slips à Loïc et Arthur, petit détail qui avait échappé à mon processus de mise en valise minimaliste. En enchaînant les galeries commerçantes, on s’est retrouvés à deux pas de chez nous (ce n’était pas un hasard, on avait bien lu la carte cette fois) et on s’est donc sentis confirmés dans notre choix d’auberge de jeunesse, centrale et décentrée à la fois. Il était presque 18h, parfait pour se faire un petit apéro et aller chercher dans le coin de quoi manger, tout en jouant avec Bouddha, Pic Pirates, le-caillou-Jésus et nos enfants. Voyager, c’est découvrir le monde et sa variété, on vous le confirme.

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dans le diaporama:

  1. l’arrivée bien cachée de l’embarcadère sur le Khlong Saen Saep
  2. un boulot d’équilibriste
  3. un Bouddha protégé par un serpent à 5 têtes au Wat Arun
  4. le Wat Arun (82m de haut, quand même)
  5. Arthur, 3 min après s’être mis au lit, dormant à fond la caisse

prénoms et âge des voyageurs : Noam, 21 mois – Arthur, 4,5 ans – Loïc, 6 ans – Aart, 32 ans – Charline, 39 ans